« Un morceau de pain. La mie qui roule sous l’index. Trop de définitif. Trop de définitivement temps. Une goutte d’eau bombe au bout du robinet. La vie rétrécit au reflet d’une goutte. Trop précoce à tomber. Déjà pendante vers mourir. Le sucre raye le verre. Ainsi parler : du sucre sur un miroir. Dans une galerie des glaces où je me tais pour échapper aux icônes. Au dos de la cuillère une psyché pensive. Et comme on tire les cartes je vais doucement, du bout des lèvres vers une façon de dire au bout des lettres. Et c’est un matin de plus. Au bord de la soucoupe le sucre a fondu. Et le café est froid. »
Claude BER, La Mort n’est jamais comme, éditions Léo Scheer, 2003.
L’exercice de la transactivation convertit des situations en expériences vécues et racontées.
Les transactiveurs portent leur attention à toutes sortes de situations susceptibles de constituer à leurs yeux, l’objet d’une expérience esthétique intéressante. Leur choix ne se limite pas au champ balisé de l’art, mais s’élargit également à des situations rencontrées ou inventées.
Leur activité se fonde sur l’hypothèse que l’accomplissement d’un travail artistique réside dans ses multiples transactivations, c’est à dire les actes de réception, d’exploration et de coopération qui contribuent à donner vie et consistance à des situations.
En rapportant leurs expériences personnelles à travers des récits critiques, en écrivant et réfléchissant ensemble sur les implications idéologiques de leur travail, les transactiveurs souhaitent former un relais ouvert aux nouveaux contributeurs qui se reconnaîtront dans le désir de privilégier une approche plurielle, subjective et investie de l’art.
Les membres de transactiv.exe n’ont pas forcément de certitude quant à leur statut (artiste, critique, chercheur ?). Par contre, ils ont conscience de participer pleinement à la vie artistique par leur goût de l’expérimentation et leurs qualités d’agents sensibles.